Raoul SABOURDIN

Artiste Contemporain

Œuvres de l'artiste

Biographie

Raoul SABOURDIN 1906-1982 Raoul Sabourdin a peint ses premiers tableaux à l’âge de 16 ans. C’est par l’entremise d’un voisin artiste que la peinture exerça très précocement sur lui un attrait. Enfant, il ne se lassait pas de le regarder peindre et fut très vite convaincu que ce serait là sa vocation. Chose peu courante à l’époque, ses parents encouragèrent cette inclination, comblant ses désirs en lui donnant loisir d’acquérir une solide formation. C’est ainsi qu’après un passage au Beaux-Arts, il fut l’élève d’Othon Friesz à l’Académie de la Grande Chaumière, fréquentant à l’occasion l’Académie voisine fondée par le sculpteur Colarossi. Si la peinture aura été une passion apparue dès le plus jeune âge, au sortir des années d’études il lui fallut assurer matériellement le moyen de s’y consacrer. Nous étions à la fin des années vingt et elles le virent faire nombre de petits métiers. Il se retrouva tour à tour coursier de maison d’édition, employé de banque, professeur de dessin... tout en répondant, au gré des rencontres, à des commandes d’illustrations, de dessins publicitaires ou de décorations. Activités qui, chemin faisant, sont devenues régulières, lui assurant une situation finalement stable, mieux accordée à ses aspirations et le laissant libre de voyager. Il séjourne alors au Maroc, en Corse et en Espagne. Parallèlement, sa peinture faisait son entrée dans les salons et les galeries parisiennes où l’estime l’attendait, le soutenant dans sa carrière naissante. Malheureusement, la guerre fit barrage à la voie prometteuse tracée par ses soutiens. A la libération, beaucoup n’étaient pas revenus et il ne retrouva pas l’entourage favorable qu’il avait connu. Sur la scène de l’art, l’abstraction avait le vent en poupe, ouvrant ses perspectives à une jeune génération à laquelle il se sentait étranger. C’est donc dans l’isolement qu’il poursuivit son œuvre picturale, investissant parallèlement les nouveaux espaces d’expression que lui offraient la scénographie et la décoration murale. Parmi les œuvres exposées aujourd’hui, les plus anciennes appartiennent à cette période de l’après-guerre où sa peinture se teinte d’expressionnisme, livrant des compositions à forte composante symbolique qui évoquent, dans des décors de misère, les aléas de la condition humaine sur fond de désillusion. Cette veine humaniste hantée par un sentiment de perte restera présente dans son œuvre jusqu’au milieu des années cinquante où le soleil des plages, les retrouvailles avec la Corse et l’Espagne qu’il avait parcouru dans les années 30 viendront chasser les idées noires.4 Sa palette sera dès lors vouée à saisir la rondeur de l’air et l’éclat des lumières qui sculptent les corps des baigneuses ou à sublimer en des partitions vivement colorées la gestuelle tranquille des pêcheurs d’un petit port de pêche espagnol. Pêcheurs dont la figure deviendra récurrente, s’imposant pour quelques temps comme le socle de ses grandes compositions. Figure qu’elles magnifient et avec elle, celle des ravaudeuses de filets puis des brodeuses, toutes solidement charpentées et inscrites dans une grille sous-jacente qui structure et rythme l’étendue du tableau pour y célébrer la beauté silencieuse d’un labeur converti en danse ou en rituel sacré. On retrouvera cette dimension chorégraphique jusque dans les compositions les plus tardives où les pêcheurs et les baigneurs de la côte d’azur succèdent à ceux d’Espagne. Il faut encore remarquer qu’en coulisse du paysage apaisé et ensoleillé qui voit le jour dans les années 50-60 s’insinuent, comme en héritage du pessimisme de l’après-guerre, quelques tableaux aux tonalités très différentes qui servent la peinture d’un univers pittoresque au climat parfois ténébreux, parfois grotesque, dont le théâtre dérisoire nous laisse hésitant entre sourire et mélancolie. La présente exposition regroupe pour la première fois la majorité de ces grandes compositions réalisées sur une période de 30 ans, de 1945 à 1976.